Les habitants de Château rouge tiennent au commerce de proximité, car il évite d’une certaine manière la ghettoïsation du quartier.
Cependant, ils sont nombreux à déplorer la mono-activité commerciale. C’est pour beaucoup le problème essentiel, celui qui a dégradé la réputation du marché de Château rouge et qui pénalise le quartier.
Manque de certains commerces
Il n’y a pas assez de charcuteries, fromageries ou papeteries. Au contraire, on dénombre trop de boucheries hallal ou de téléphonistes (ex rue Stephenson). « Mon pouvoir d’achat ne reste pas dans le quartier » déclare une trentenaire nouvellement arrivée dans le quartier. « Je préfère réaliser mes courses sur mon lieu de travail ou au marché de l’Olive! »
L’arrivée prochaine d’un nouveau fleuriste redonne espoir !
En complément de cette mono-activité, les habitants, tout comme les commerçants, se plaignent des nombreux vendeurs à la sauvette. Ils engendrent un tapage diurne, une occupation excessive de la voirie et des saletés en tout genre. M. Clouzeau, commissaire principal du 18e, avouait son impuissance en novembre dernier : « la vente à la sauvette n’est passible que de contraventions, qui ne sont dans les faits jamais payées, d’où un effet dissuasif nul ! »
Pour la Mairie d’arrondissement, une des solutions serait le « marché des 5 continents », mais les habitants n’y croient plus ! Cette promesse dure depuis 15 ans : « C’est du bluff ! »
La préemption de commerces à Paris
Il existe 2 outils à la disposition de la Mairie de Paris pour défendre le commerce de proximité :
- la protection des linéaires commerciaux et artisanaux instaurés dans le cadre du PLU
►Selon la CCIP, « ce dispositif n’empêche pas le développement de mono-activités commerciales et ne protège pas particulièrement l’offre alimentaire de proximité » (cf. http://www.ccip75.fr/upload/pdf/protection_lineaire_commericaux.pdf )
- le droit de préemption urbain délégué à la SEMAEST
► la SEMAEST est intervenu dans certains quartiers de Paris (le 11e par exemple), mais elle n’a pas ce type de mission dans le 18e.
Pour conclure, on constate qu’il n’y a pas aujourd’hui de volonté ferme de l’exécutif parisien pour lutter contre la mono-activité commerciale à Château rouge. Comme indiqué dans un précédent article, une des conséquences de cette mono-activité est que le quartier se replie sur lui-même et ne se développe pas. Les habitants de Château rouge sont pourtant déterminés à ne pas laisser la situation se dégrader !
